mercredi 27 janvier 2016

Théodore

Ptolémée I, (compagnon d’armes d’Alexandre le Grand, maître de l’Egypte et de la Cyrénaïque), « envoya un jour (Théodore) comme ambassadeur auprès de Lysimaque (autre compagnon d’Alexandre, roi, lui, de Thrace) »(II, 102) Voici donc ce dénonciateur du patriotisme et ce défenseur du cosmopolitisme au service du souverain qui règne sur sa patrie. On comprend ainsi pourquoi il joue le rôle qui lui est confié d’une manière guère orthodoxe :
« A cette occasion, alors que Théodore s’exprimait avec une grande franchise, Lysimaque lui dit : « Mais dis-moi, Théodore, n’est-ce pas toi qui as été banni d’Athènes ? » A quoi Théodore répliqua : « On t’a bien informé. En effet la cité d’Athènes, comme elle n’était pas capable de me supporter, m’a expulsé, tout comme Sémélé a expulsé Dionysos. » »
L’histoire de Sémélé vaut d’être connue ; écoutons Pierre Larousse la raconter dans sa version romaine :
« Sémélé, fille de Cadmus et d’Harmonie et mère de Bacchus (Dionysos). Elle fut d’abord aimée en vain par Actéon, que Diane, suivant quelques auteurs, ne fit périr qu’à cause de cette passion, elle-même brûlant d’un feu secret pour le beau chasseur. Jupiter s’éprit ensuite des charmes de Sémélé et n’eut pas de peine à la séduire, grâce à sa qualité de maître des dieux déguisé sous les traits et la taille d’un adolescent (l’ado, incarnation du dieu des dieux, quelle illustration magnifique de notre jeunisme !). Mais il eut beau envelopper cette nouvelle infidélité de tous les voiles du mystère, Junon, la jalouse Junon, eut bientôt pénétré le secret, et la vengeance ne se fit pas attendre. Revêtant la figure de Béroé, la vieille nourrice de Sémélé, elle se présenta à sa rivale, lui inspira des soupçons sur la personnalité de son amant et lui donna le conseil perfide d’exiger de lui qu’il la visitât entouré de tous les attributs de sa puissance, afin de lui prouver ainsi sa divinité. Jupiter, qui avait juré par le Styx à Sémélé de lui accorder sa demande, avant de la connaître, dut enfin remplir sa promesse. Il se montra donc à elle dans un nuage de lumière, tenant d’une main le sceptre et de l’autre la foudre. Sémélé, ivre de gloire et d’amour, lui tendit les bras et se précipita dans les siens ; mais elle fut aussitôt embrasée et consumée (quelle fin idéale pour les contempteurs de la passion !). Mais l’enfant (Dionysos donc) qu’elle portait dans son sein ne périt point ; Jupiter l’enferma dans sa cuisse jusqu’au terme de sa naissance. Quand ce fils fut grand, il descendit aux enfers pour en retirer sa mère et obtint de son père Jupiter qu’elle serait admise dans l’Olympe parmi les immortelles, sous le nom de Chioné ou Thyoné. » (Dictionnaire universel du 19e siècle 1875)
Théodore, dit Dieu, se compare donc au fils de Zeus (à noter que le choix du dieu est, qui plus est, judicieux : Dionysos incarne le refus du politique et des valeurs socialisées). On comprend la réaction du diadoque, potentat mis au défi :
« Lysimaque reprit : « Eh bien, tâche de ne plus te retrouver chez nous ». « Pas de risque, dit Théodore, sauf si Ptolémée m’y envoie »
La réplique théodoréenne, certes ferme, manque tout de même du panache que lui conférait en revanche Cicéron dans les Tusculanes. Ce dernier d’ailleurs la rapporte sous deux versions, chacune plus cynique que l’autre :
« N'admirons-nous pas Théodore de Cyrène, célèbre philosophe, qui, menacé par le roi Lysimaque d'être pendu à une croix : "Intimidez", lui dit-il, "vos courtisans avec de telles menaces; pour Théodore, il lui est indifférent qu'il pourrisse, ou dans la terre, ou dans l'air" (Livre I, 43 trad. de Nisard 1841)
« Théodore, quand Lysimaque le menaça de lui ôter la vie, "O le grand exploit", dit-il à ce prince, "quand vous ferez ce qu'une cantharide peut faire aussi aisément que vous ! » (Livre V, 40)
Montaigne reprendra l’ultime variante cicéronienne mais pour dénoncer la mise en scène des morts philosophiques et leur préférer le courage simple des hommes ordinaires :
« Or laissons ces glorieux courages : Theodorus respondit à Lysimachus menaçant de le tuer : Tu feras un grand coup d'arriver à la force d'une cantharide. La plus part des Philosophes se treuvent avoir ou prevenu par dessein, ou hasté et secouru leur mort. Combien voit-on de personnes populaires, conduictes à la mort, et non à une mort simple, mais meslee de honte, et quelquefois de griefs tourmens, y apporter une telle asseurance, qui par opiniatreté, qui par simplesse naturelle, qu'on n'y apperçoit rien de changé de leur estat ordinaire : establissans leurs affaires domestiques, se recommandans à leurs amis, chantans, preschans et entretenans le peuple : voire y meslans quelquefois des mots pour rire, et beuvans à leurs cognoissans, aussi bien que Socrates ? » (Essais Livre I chap.XV)
Revenons à la version de Diogène Laërce :
« Mithrès, le trésorier de Lysimaque, qui se trouvait là, lui dit : « Non content de ne pas reconnaître les dieux, tu sembles ne pas reconnaître non plus les rois » ( Timocrate, ancien disciple d’Epicure, quand il voudra salir son maître, le transformera en larbin de Mithrès le larbin : Diogène, dégoûté, rapporte avec des pincettes : « A ce que dit Timocrate (...) Epicure flatte honteusement Mithrès, l’administrateur de Lysimaque, le qualifiant dans ses lettres de « Sauveur » et « Seigneur » » (X, 4)) « Comment, dit Théodore, puis-je ne pas reconnaître les dieux, alors que précisément, je te considère, toi, comme un ennemi des dieux ? »
C’est confirmé : Théodore n’est pas l’ennemi des vrais dieux, il est seulement l’adversaire des amis des faux dieux.

jeudi 3 décembre 2015

Pourquoi Zuckerberg n'est pas le père Noël


Pour la naissance de sa fille, le fondateur de Facebook s'est offert un faire-part à 45 milliards de dollars : en annonçant que son épouse et lui allaient léguer 99 % de leurs actions à une organisation philantropique, Mark Zuckerberg a reçu un torrent de commentaires positifs et de messages de félicitations de la part d'autres milliardaires. Mais passé les premiers éloges, il faut préciser que cet élan de générosité n'est pas totalement désintéressé. D'abord parce que le don se fera "progressivement", tout au long de la vie des époux - pas plus de 1 milliard par an dans les trois prochaines années. Ensuite parce que l'argent ne sera pas versé à une ONG, mais à la propre fondation de "Zuck", qui aura un statut d'entreprise à responsabilité limitée. Et enfin parce que, comme l'ont souligné de nombreux observateurs européens, Facebook s'est toujours montré beaucoup moins soucieux du bien de l'humanité quand il s'est agi de payer des impôts. Comme dit le proverbe, charité bien ordonnée...

Benoît Georges @bengeorges
Les Echos

dimanche 9 août 2015

Virée en amoureux le 9 août

Difficile d'évoquer la Saint Amour sans mentionner l'existence de la commune qui porte son nom, dans le Jura.
La ville de Saint-Amour conserve, dit-on, les reliques de deux saints, Saint Amour et Saint Viateur. Mais il se pourrait que ces deux saints soient légendaires. Leur culte aurait été introduit dans cette commune pour remplacer celui des dieux romains antiques Cupidon et Mercure... Quoiqu'il en soit, la commune de Saint-Amour est une destination très prisée des amoureux le jour de la Saint Amour.

Une autre commune peut constituer une destination de choix le 9 août, c'est Saint-Amour Bellevue, en Bourgogne, célèbre pour son cru de Beaujolais. Le maire de cette commune célèbre des confirmations de mariage pour les couples qui souhaitent ré-affirmer leur amour.



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dimanche 26 juillet 2015

Pacte de la Liberté

Aujourd'hui, la majorité des Etats roule devant soi un énorme rocher, une vraie montagne de dettes, pratiquement sans aucun espoir de sa liquidation. Pour cette raison, la situation peut à juste titre être appelé un piège de la dette. Hélas, ce n’est pas une embuscade d'affaires simple, mais la condamnation à l’esclavage financier d’une multitude de peuples.
Dans cette situation tragique un extrême cataclysme social, tel une révolution traditionnelle, ou bien une révolution à caractère tout à fait nouveau pourrait faire sortir le monde de l’impasse. A nous de choisir, mais peu le temps...
Cette révolution « tout à fait nouvelle » serait le triomphe de la raison, le triomphe du rationalisme, dont la justesse, la solidarité, le sens de responsabilité sont les constituants naturels.
Pour rendre ceci réalité les meilleures forces de l'humanité devraient sans plus tarder se mettre à travail sur les détails de la solution efficace et définitive du piège de la dette, et à œuvrer le programme necessaire.
Selon le Mouvement du Monde Changeant (MMC) le cadre d’une telle sulution serait un Pacte Souveraineté des Peuples Libres ou brièvement Pacte de la Liberté (PL), dont les États parties s’engageraient tout d’abord d'entreprendre des réformes rendant leur vie, leur fonctionnement soutenable sans aucun crédit, leurs budgets incoditionnellement et strictement excédents. Parallelement avec le lancement des réformes la dette publique de l’État partie concerné sera pris en charge et géré par un nouveau Fond Mondial de la Liberté (FML). Dans ce but le Pacte devrait assurer pour le FML des moyens convenables avec le poids du droit international. Ainsi premièrement, tout État partie serait obligé à rembourser au FML une certaine partie de son   excédent budgetaire. D'autre part, des taxes imposée uniformément dans touts les États parties aux établissements et services financiers concernaient – entièrement ou presque – le FML. En plus les États parties devraient assurer au profit du FML un certain fond de patrimoine valorisable.
Dans le Pacte on devrait encore régler des mécanismes pour calculer les changements des dettes, mais surtout les principes et les mécanismes de la réduction de certaines dettes. À cet égard, au nom de la justesse historique il parait inévitable de former une commission avec la participation de personnes impartiales pour analyser l'histoire des différantes dettes. C’est évident qu’une dette formée sous  la contrainte de la misère sociale ne peut pas être evaluée et gérée  comme cette due à des investissements de prestige, à une consommation de luxe ou injustifiée, à la course aux armements, etc.
Il serait juste d’évaluer le profit des créanciers, qui incorpore directement l'exploitation du peuple.
Sans doute, il serait important que tout allégement de la dette soit en rapport avec les efforts du bénéficiaire dans l'accomplissement de ses obligations en vertu du Pacte.
Il est tout à fait possible que 20 ou même 50 ans seraient nécessaires pour faire disparaître les montagnes de la dette souveraine.Ceci, cependant, n'aura plus aucune importance particulière si pareille solution révolutionnaire rendrait libre – et souverain – le  développement des peuples.


(Publié le 19 juillet 2015 dans le blog hongrois du MMC)

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mardi 14 juillet 2015

Vive Le 14 juillet !

Vive Le 14 juillet !
Vive la Révolution !
Vive le Peuple !
Vive la Patrie !
Vive la République !
Vive la Fédération des peuples d’Europe !
Vivent les Fédérations des peuples de toutes parties du monde !
Vive l’Unité des Fédérations des peuples !
Vive la Liberté, l’Égalité et la Fraternité !
Vive la Justesse, la Responsabilité et la Solidarité !
Vive le savoir et la Foi en l’Homme !
Vive la paix, l’amour et la joie !
Vive le Mouvement du Monde Changeant !
Vive la Terre, le berceau et le paradis de l’Humanité !



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