vendredi 14 novembre 2014

Tout sera vivant

« Depuis l’âge de six ans, j’avais la manie de dessiner la forme des objets. Vers l’âge de cinquante ans, j’avais publié une infinité de dessins, mais tout ce que j’ai produit avant l’âge de soixante-dix ans ne vaut pas la peine d’être compté. C’est à l’âge de soixante-treize ans que j’ai compris à peu près la structure de la nature vraie, des animaux, des herbes, des arbres, des oiseaux, des poissons et des insectes. – Par conséquent, à l’âge de quatre-vingt ans, j’aurai fait encore plus de progrès : à quatre-vingt-dix ans, je pénètrerai le mystère des choses ; à cent ans ; je serai décidément parvenu à un degré de merveille, et quand j’aurai cent dix ans, chez moi, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. Je demande à ceux qui vivront autant que moi de voir si je tiendrai ma parole. – Écrit à l’âge de soixante-quinze ans par moi, autrefois Hokusai, aujourd’hui Gwakio Rojin, le Vieillard fou de dessin. » 

Hokusai, extrait de la préface du livre Les Cent vues du Mont Fuji


mardi 14 octobre 2014

Abattre le tyran

Thomas Masaryc, fondateur de la république tchèque, qui avait l'habitude de dire à ces partisans :

"Si tu veux abattre le tyran, commence par t'imposer deux contraintes : ne mens pas, ne vole pas."

dimanche 26 janvier 2014

Excès de mercantilisme

Je trouve défaste le culte excessif des droits d’auteur.
Voici une perle des pertes de ce culte.

Larousse retire son livre "Les perles des Tweets" après une vague de critiques.
Publié par Larousse, Les perles des Tweets propose une série de tweets piqués ici ou là... Sauf que la maison d'édition a oublié de demander l'autorisation des auteurs. Face à la vague de critiques, l'éditeur a finalement retiré le livre des rayons.
Les perles des Tweets et du net, 100% véridique, est un petit ouvrage de la collection "Les petits bêtisiers" de Larousse. Un livre qui propose de recenser des tweets amusants, piquants ou philosophiques, piqués ici ou là sur Internet. Sauf que la maison d'édition a oublié de demander l'autorisation des 289 auteurs de ces fameuses "perles" et a même "oublié" de mentionner leurs noms, les remplaçant par "anonyme", révèle un article de Slate.fr.


Une double faute, explique le site d'information, car non seulement les auteurs de ces tweets en sont les propriétaires légaux, mais la mention de leur nom est obligatoire. D'ailleurs, comme le rappelle Actualitté, Twitter ne revendique aucun droit de propriété intellectuelle sur les contenus produits par les utilisateurs du service, respectant leur doctrine "what's yours is yours" (ce qui est à vous est à vous). Quoi qu'il en soit, ces "oublis" de Larousse portent des noms dans le Code de la propriété intellectuelle: la contrefaçon et l'atteinte au droit du nom. Interrogés par Slate.fr, de nombreux auteurs de tweet "anonyme" ont confirmé n'avoir jamais été contactés, et ont déploré la stratégie de Larousse.
Une opinion partagée par de nombreux internautes, qui n'ont pas manqué de critiquer Larousse. La maison d'édition a finalement décidé d'arrêter la commercialisation du livre.
Une victoire qui n'a apparemment pas suffi aux internautes, qui reprochent maintenant à Larousse de ne pas avoir présenté des excuses aux auteurs, ou tout simplement de les avoir rémunéré.


samedi 30 novembre 2013

Haïku


Je suis. Je suis ci.
Maintenant. Unique. À
l’infini défi.





mercredi 6 novembre 2013

Me présenter

Et bien, en m’engageant dans un blog vivement personnel, il est convenable de me présenter. Étant né en Bulgarie, dans l’acte de naissance mon nom fut inscrit avec des lettres cyrilliques. Heureusement mon nom ne contient que des sons simples et simplement  transcriptibles en lettres latines. Acte crucial qu’est toute transcription, puisque, avouons-le, le nom d’un homme est sa plus véridique présentation.
Donc, je suis (né) Тодор Ангелов Тодоров. Vous voyez, c’est simple ! Je vous aide : Todor Angelov Todorov.
Je trouve bien drôle cette formule : « Je m’appelle... » On la voit dans tous les manuels de français, mais pas dans la vie. Quiconque ne s’appelle soi-même. J’appelle l’autre, et l’autre m’appelle...
Revenons d’abord sur le nom même. Les instruits connaissent la tradition russe : entre le prénom et le nom, on trouve le « nom de père ». La même tradition s’instaura en Bulgarie après la libération de la domination ottomane, mais avec toutes les inperfections conséquentes de l’oppression étrangère de cinq siècles. Dans la culture populaire des noms on trouve une multitude multicolore d’habitudes, mais très peu d’intelligence et de cohérence dans le travail des administrations tsaristes ou socialistes. Ainsi pour une longue période purement et simplement manqua tout respect du nom de famille. Le nouveau-né reçu convenablement son nom de père selon le prénom de son père, mais pour nom de famille – horibile dictu – pas le nom de famille du père, mais son nom de père. Ainsi dans cette période les noms (de famille) des enfants généralement différèrent des noms (de famille) des parents. Cette pratique stupide n’indignait personne. On ne vivait pas les temps d’indignation contre les stipidités des administrations.
Mais mon esprit s’indignait. J’étais un bon, et bien, à peu près bon élève. Je n’étais pas sérieux, mais je le pouvais. Et je povais être décidé. Je le fus. Depuis des années je me préparais à cette opération. Et quand je devais me présenter pour ma première carte d’identité, j’ai demandé « officiellement » un changement de nom : je demandai humblement de prendre le nom de mon père.
La loi procurait cette possibilité, j’ai obtenu le nom qui était toujours le nom à moi : Todor Angelov Simeonov, fils de Angel Todorov Simeonov.